CDI or not CDI ?

L’aboutissement de plusieurs années d’études. Le graal qui permet d’obtenir son indépendance.
Mais faut-il tout accepter au nom d’un CDI ?

Si vous me suivez depuis un moment, ou si vous avez eu l’envie de lire tous mes articles en peu de temps, vous savez que j’étais au chômage récemment. Pour vous mettre dans le contexte, je vais parler un petit peu de ma vie (rare que je parle de moi mais là, j’ai envie de me dévoiler).

Malgré le fait que j’ai toujours trouvé du travail, j’étais néanmoins abonnée aux contrats dit précaires depuis la fin de mes études. On dit que l’alternance ça aide. Oui, mais ça ne fait pas tout. Je suis sortie d’une année d’alternance effectuée dans une filiale d’un grand groupe. J’avais un bac +3 en poche. Je n’étais pas totalement prête à affronter le monde des adultes donc j’ai voulu me lancer dans un master toujours en alternance. Début de ma galère ! Suite à un manque d’attention  de l’entreprise où j’étais, ma période d’essai a pris fin d’un commun accord et, si en mai on a déjà dû mal à trouver une entreprise d’accueil, alors je vous laisse imaginer arriver début novembre. Mission impossible vous dis-je ! J’ai eu deux propositions mais pas dans le domaine que je souhaitais. Ce fût donc le début du chômage. Et depuis ce moment, je n’ai jamais pu me désinscrire.

not-calm-i-need-a-job

Donc comme je vous le disais, CDD et intérim faisaient partis de ma vie. Je suis restée 18 mois en intérim dans une autre grande boite mais pas ce fameux CDI à la clé. Je le savais dès l’embauche mais je suis restée pour acquérir de l’expérience. A la fin du contrat, de nouveau période d’inactivité et un beau jour, mon téléphone sonne :

Bonjour Mademoiselle, êtes vous toujours à la recherche d’emploi ? J’ai un CDI à vous proposer. A pourvoir immédiatement. Vous êtes disponible pour un entretien ?

Bonjour Mademoiselle, je vous rappelle pour vous dire que vous avez été prise pour le poste. Si ça vous convient, vous débutez dans deux jours.

Imaginez seulement l’émotion que j’ai ressenti. J’étais heureuse et soulagée de voir que la roue tournait enfin en ma faveur niveau professionnelle. La joie fût malheureusement de courte durée.

J’ai commencé quelques jours après l’appel du recruteur. Et sachez que dès que le troisième jour de mon fameux CDI, j’ai ressenti un tel malaise dans cette boite que j’avais déjà envie de me barrer. J’en ai parlé à mon entourage et tout le monde m’a dit de rester et que ça s’arrangerait. Une semaine, deux semaines, un mois, trois mois. Toujours et encore plus envie de fuir cet endroit. Je ne m’arrêterais pas sur les raisons mais sachez juste qu’il en fallait beaucoup pour que mon état d’esprit empire en si peu de semaine. Et là, les questions qui fusent dans ma tête ..

Est ce que je peux me permettre de partir alors que j’attends un CDI depuis 3 ans maintenant ? Ne devrais-je pas attendre la fin de ma période d’essai avant de prendre une quelconque décision ? Peut-être que je devrais rester un an le temps de trouver un appart et partir juste après ? Peut être que je me sentirais mieux quand les nouvelles dispositions dont ils parlaient en réunion seront mises en place ? Mais dans combien de temps ça se fera ? Pourquoi je n’arrive pas à m’intégrer ici ? Pourquoi EUX ne m’ont pas bien accueillis ici ? Si je pars, est ce que je me vois accepter de nouveaux des contrats précaires ou je prends le risque d’attendre un CDI ?

kanar-burn-out

J’avais un tel mal-être, aussi bien au boulot que le soir dans les transports tellement mon cerveau chauffait. C’est limite si je ne culpabilisais pas en me demandant si c’était moi le problème. Puis j’ai réfléchi.

La société fait que si tu n’as pas de CDI, tu n’es rien et tu n’as rien (désolée de mes mots crus mais c’est mon ressenti). Sans CDI, n’espère pas acheter un appart ! Sans CDI, tu ne peux que difficilement loué un appartement. En fait, sans CDI tu peux oublier les crédits qu’importe le montant même si tu sais que ton contrat précaire tu permettras de rembourser ! Sans CDI, et quand on est seule (parce que là je parle de mon cas, jeune, célibataire, sans enfants et sans CDI et sans garant), on stagne ! Sans CDI, on ne peux pas se projeter. Sauf qu’à mon âge, j’aimerais bien prévoir des projets à plus ou moins long terme. Ne serait-ce que partir en vacances avec mes proches.

torn contract

Et maintenant que j’avais un cdi mais que je voulais partir, j’avais l’impression de devoir renoncer à avoir une vie « normale » pendant encore quelque temps. Et je trouve tout cela bien dommage. Aujourd’hui, j’écris cet article pour me vider l’esprit. J’ai pris la décision de partir. Non pas de fuir mais bien de partir. Pourquoi se coincer dans un boulot qui offre certes des avantages mais dans lequel le feeling ne passe pas ? Je préfère gagner un peu moins et être dans une entreprise où je m’épanouie et où je me sente bien plutôt que d’avoir l’impression d’avancer vers des arrêts maladies pour burn-out.

Aujourd’hui, un CDI offre beaucoup de chose mais s’il n’offre pas l’essentiel, je préfère partir tête haute. Parce que dans le fond, je n’oublie pas qu’aller au travail 7 à 8 heures par jour, c’est la quotidien de bon nombre de personnes mais il faut pouvoir se sentir bien pour pouvoir y aller sereinement pendant une période indéterminée.

25 ans, bientôt de nouveau sans activité et bien dans ma tête.

 

Publicités

One Comment

Add yours →

  1. On passe plus de temps au travail que chez nous … autant bien choisir son entreprise …. 😉

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :